Bientôt le Carnaval

Ce sera bientôt le Carnaval mais le Mardi Gras se célèbre aussi (à Liège et dans sa région) par une coutume gastronomique: La Potée au chou frisé !

choufris

La potée désigne un type de préparation culinaire dont le nom vient du pot en terre dans lequel on la faisait cuire à l’origine. On désigne généralement par potée un mélange de viande ou de charcuterie, de légumes et de pommes de terre, cuit dans le bouillon qui est absorbé par les ingrédients. Le plat est traditionnellement cuit à feu doux pendant plusieurs heures dans une cocotte par exemple et servi en plat unique.
La potée est un plat ancien et populaire que l’on trouve avec diverses variations locales dans toutes les régions d’Europe, et qui porte diverses appellations (telles que le hochepot). Il se rapproche de la garbure et du pot-au-feu, mais s’en distingue par son aspect solide.
Ancestralement à Liège et dans la région, il est de coutume de manger une potée au chou frisé le jour du mardi gras. En wallon liégeois, le vieil adage dit qu’il faut manger du chou frisé à cette période de l’année « po n’nin èsse magnî dès mohètes » ce qui signifie   « pour ne pas être mangé des mouches ».
Il y a plusieurs explications possibles à cette coutume. Tout d’abord, le chou frisé est récolté début mars car c’est à ce moment qu’il est le meilleur. Attendre pour le récolter est un risque que le chou soit attaqué par des insectes nuisibles. Ce qui pourrait expliquer l’expression « ne pas être mangé par les mouches » qui aurait été détournée de sa signification initiale expliquant que le chou frisé devait être mangé avant d’être attaqué par des insectes ou une autre vermine.
Une autre explication consiste à souligner les vertus alimentaires du chou frisé qui, consommé le mardi gras, permet d’emmagasiner un maximum de vitamines avant l’arrivée de la période du Carême. Comme l’explique Mau-rice Remi (membre de la Confrérie Lès Magneûs d’Crolêye Djote di WarouLeur recette se trouve ci-dessous): « Nos ancêtres savaient, par tradition, que le chou et plus particulièrement le chou frisé possédait aussi certaines qualités médicinales et aussi beaucoup de vitamines de toutes sortes. Donc, la veille du mercredi des cendres, chez les croyants et les personnes les moins aisées, on se faisait une grosse marmite de chou frisé dans laquelle on ajoutait des pommes de terre et du lard bien gras. On pouvait ainsi espérer tenir jusqu’à la fin de l’hiver ». – Cathy Massart (RTBF) – Publié le lundi 03 mars 2014

Et pour illustrer !!!

La « Crolêye Djote » :

Ine bone ricète d’amon nos-ôtes
Une bonne recette de chez nous

Waroux

Po k’mincî, i fåt bin nètî l’frîzé cô èt loukî a n’ lèyî, d’vins lès foyes, nou viér, nole mohète, nole halè-ne èt nou lum’çon.
Pour commencer, il faut bien nettoyer le chou frisé et regarder à ne pas laisser dans les feuilles ni vers, ni mouchettes, ni chenilles, ni limaces.

Wèstez l’ cou dèl djote èt lès grozès gnèrveûres dè foûyèdje qui sèrît trop deûres a cûre. Ca chèvrè todi po lès robètes.
Coupez la tige du chou et les grosses nervures des feuilles qui sont trop dures à cuire. Elles serviront toujours pour les la-pins.

Mètez l’ djote el bolante êwe, cink munutes å long, adon-pwis lèyîz-l’ digoter so l’ pureû.
Mettez le chou dans de l’eau bouillante, cinq minutes, et ensuite laissez égoutter dans l’évier.

Divins ‘ne grande cass’role, fé fonde dès crås lård, rostihez-î quéques crètons, tapez l’ djote dissus avou dès rostèyès cwèsses èt dès crompîres d’ ine sôre qui s’disfêt.
Dans une grande casserole, faites fondre du lard gras, rôtissez-y quelques lardons, et versez dessus le chou frisé, un morceau de plat-de-côte rôti et des pommes de terre d’une variété qui se défait.

On flûmion d’ èwe, on pô dè peûve, dè sé, dè tin, ine foye di lawri, on clå d’ claw’çon, dè peûs d’pèkèt, èt vos r’mètez l’ covièke so l’ tchôdron.
Versez un peu d’eau, du poivre, du sel, du thym, une feuille de laurier, un clou de girofle, et des baies de genévrier, et remettez le couvercle sur le chaudron.

Lèyîz cûre, nin trop reû, ine bone eûre èt d’mèye.
Laissez cuire, pas trop fort, une bonne heure et demie.

Bodjîz l’ covièke èt lèyîz cori l’ èwe qu’ i-n-åreût d’ trop’. Rimètez ‘ne nokète di boûre èt grètez ‘ne némoscåde a voste îdèye.
Ôtez le couvercle et laissez partir l’eau en trop. Remettez une noix de beurre et grattez une noix de muscade selon votre goût.

Vos chèvrez çoula avou dès p’tits blancs-ognons å vinêgue, po r’lèver l’ gos, èt vos magn’rez turtos a v’ fé glèter l’ minton.
Pour relever le goût vous la servirez avec de petits oignons blancs au vinaigre et vous en mangerez tous à vous en lécher les babines.

La recette ci-dessus nous a été fournie par Philippe Coets (73) Membre de la Confrérie des Magneûs d’Crolêye Djote di Warou 

http://www.croleyedjote.be/

 

 

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